Dialogue des morts de la Révolution (1795)

Dialogue des morts de la Révolution

 

Type : réflexion politique sous forme de dialogues de morts

Aire géographique : Paris

Année début : 1795

Année fin : 1795

Titre : Dialogue des morts de la Révolution

Suite du titre :

1e dialogue : Entre Loustalot et l’abbé Royou. Sur la liberté de la presse.

2e dialogue : Entre Vergniaux et Marat. Fédéralisme, Empire des Mots.

3e dialogue : Entre Gustave, Roi de Suède, et Mirabeau. Sur les Révolutions.

4e dialogue : Entre Custines fils, et Basseville. Sur les prisons.

5e dialogue : Les Paradoxes, ou 5e Dialogue entre Linguet et Charlotte Corday. Sur la Démocratie, les Beaux-Arts et la Paix.

6e dialogue : Le Marchand de nouveautés. Entre Philippe d’Orléans, Phélipeaux, Suleau, et Madame Rolland. Sur les Réputations, les Journaux, les Pamphlets, et les Mots Nouveaux.

7e dialogue : Les Revenants. Entre Héraut-Séchelles et Condorcet. Sur les constitutions. Un extrait est publié dans la livraison 65 du 24 avril de la Quotidienne

La livraison 80 du 9 mai de la Quotidienne publie un bref dialogue entre Brissot et Vergniaud

Auteur : Jean-Pierre Gallais. Gallais qui signe « Par l’auteur du club infernal » et « Pilpay ».

Épigraphe : « Nemo enim unquàm imperium flagitio quœsitum bonis artibus exercuit. (Tacit. Hist.) » : Jamais personne n’a exercé vertueusement un pouvoir ignominieusement acquis. Note de bas de page de l’auteur : « L’application de cette épigraphe ne sera parfaitement sentie qu’au cinquième Dialogue ».

Prospectus : le premier dialogue est précédé d’un Avis de l’éditeur, dont voici un extrait :

« L’art de faire parler les morts pour l’instruction des vivants, n’est pas nouveau. Le père du Halde nous parle d’un pareil moyen employé en Chine, sous la tyrannie d’un Chan-Yu, c’est-à-dire, plus de 850 ans avant Lucien. […] Nous ne prétendons établir aucune comparaison entre les tyrans de la Chine et de Rome et ceux de la République Française. Nous protestons d’avance contre toute maligne interprétation. […] Le lecteur n’a pas besoin d’explication sur la manière dont ces Dialogues   nous sont parvenus. Mais nous devons le prévenir que nous avons grande provision de mémoires pour la suite, si ceux-ci ont le bonheur d’être accueillis. Nous avons omis tout ce qui sentait l’injure, même contre les Jacobins ; ils sont renversés, et il n’y a point de gloire à battre des gens par terre. »                                            

Collection étudiée : l’ensemble des dialogues disponibles.

Pagination : continue

Nombre de pages par brochure :

1er Dialogue : 12 p. ; 2: 8 p. ; 3: 10 p. ; 4e : 14 p. ; 5e : 23 p. ; 6e : 39 p.

Lieu d’édition : « à Paris, chez les marchands de nouveautés. »

Contenu annoncé : dans son Avis, l’éditeur des Dialogues précise qu’il aspire à « combattre toutes les espèces de tyrannie, de quelque masque qu’elles se couvrent. » ll « profite de l’aurore de la liberté pour révéler au public des secrets qu’un reste de terreur tenait encore comprimés dans l’âme de quelques observateurs. Il répond à l’appel de Fréron, qui dans son 10e N° engage les Sections de Paris à rallumer leur antique énergie, à secouer le joug des intrigants, et à faire entendre la libre expression de leur vœu en faveur des principes, qui garantissent leurs droits et leur liberté. »

Orientation politique : royaliste

Mentions d’autres journaux : Le Père Duchêne, l’Ami du Peuple, le Journal universel (1e Dialogue) ; le Journal des Jacobins (4e Dialogue) ; le Journal de Perlet, le Journal de Paris, le Journal des Lois, le Journal des Hommes Libres, le Journal Universel, les Annales de la République, le Spectateur Français pendant la Révolution, par Delacroix, le Tribun du Peuple, la Fusée volante (6e Dialogue).

Auteurs cités : Montaigne, Tacite, Laclos, Rousseau.

Personnages cités favorablement : Miranda ; Phélipeaux ; Charlotte Corday ; Cromwell.

Personnages cités défavorablement : Louvet ; Jean-Pierre Gallais (« Homme de Lettres ; observateur difficile et froid », 4eDialogue – fausse autocritique) ; Duval ; Rivarol ; Marat.

Contexte politique immédiat :

1795 - Journées de protestation contre la Convention Nationale (thermidorienne), telle l’insurrection du 12 germinal An III ;

- Terreur blanche (avril, mai, juin) contre les jacobins, menée par les royalistes et la Jeunesse dorée ;

- Mort de Louis XVII au Temple (8 juin) ;

- Décret des deux tiers (5 fructidor an III) ;

- Journée du 13 vendémiaire an IV (5 octobre), insurrection royaliste, écrasée par la Convention ;

- Avènement du Directoire (26 octobre).

Bibliographie :

Eugène Hatin, Bibliographie historique et critique de la presse périodique française ; Paris, Didot, 1866

Johan Egilsrud, Le "Dialogue des morts" dans les littératures française, allemande et anglaise (1644-1789) ; Paris, L’Entente linotypiste, 1934

Maurice Tourneux, Bibliographie de l'histoire de Paris pendant la Révolution française ; T. 1, Paris, Imprimerie nouvelle, 1890

Library of Cornell University, Catalogue of the Historical Library of Andrez Dickson White, II The French Revolution; Ithaca, N. Y., The University Press, 1894

Andries Lise, « Querelles et dialogues des morts au XVIIIe siècle », Littératures classiques, 2013/2 (N° 81), p. 131-146.

Articles curieux :

Extrait du 5e Dialogue (dialogue d’idées entre Linguet et Charlotte Corday) :

« Linguet : Si tous les hommes étaient égaux en forces, en talents, en fortunes, ils n’auraient aucun besoin les uns des autres. L’inégalité les met dans l’heureuse nécessité de s’associer, de dépendre de leurs semblables, de mériter leurs secours et de les rendre favorables à leurs vues ; c’est elle qui met le faible sous la sauvegarde du fort, et qui oblige celui-ci à recourir aux lumières, aux talents, à l’industrie du premier. […] Voilà la nature ; voilà les principes : et qui s’en écarte en est bientôt puni par la prompte décadence de ses institutions, par le malheur de ses contemporains et par le mépris de la postérité. 

C. Corday : Dans les siècles héroïques, l’égalité faisait le bonheur des hommes. La Patrie était la mère commune et tendre autour de laquelle tous les enfants se réunissaient, pour échanger leurs sentiments […]. Alors le mot Patrie signifiait quelque chose. » p. 56-57