L'Ami des lois

Denis Reynaud [04/11/2016]

Type : feuille politique

Aire géographique : nationale

Année début : 1794

Année fin : 1800

Dates extrêmes : 1er nivôse an III - prairial an VIII

Titre : L’Ami des lois

Suite du titre :

ou Mémorial politique et littéraire

par Poultier, représentant du peuple

par le représentant Poultier, et autres gens de lettres, sous la direction des frères Sibuet, propriétaires

Périodicité réelle : quotidien

Collection étudiée. Deux livraisons de l'an VI : n° 892 du 5 pluviôse = 24 janvier 1798 (BNF) et n°977 du 30 germinal = 19 avril 1798 (BM Lyon).

Ce dernier numéro relié avant une collection du Patriote français (à partir du n°211 du 1er floréal an VI), qui a le même format et le même imprimeur.

Pagination : par numéro

Nombre de pages du numéro : 4

Format : grand in-8° sur 2 colonnes

Lieu d’édition : Paris

Directeur et propriétaire : Sibuet, indiqué comme propriétaire à partir de nivôse an VI ; puis Bourbon-Gravières, vendémiaire an VII. Georges Sibuet fut avocat à Bourg-en-Bresse puis à Paris, commissaire du pouvoir exécutif à Bruges en 1793, juge au tribunal de cassation en l’an II, ensuite au tribunal d’appel de Bruxelles en l’an VIII. Il aurait rédigé un Journal de l’Ain que ne citent ni Hatin, ni Martin et Walter. Les frères Sibuet dirigèrent aussi : le Journal des patriotes de 1789, rédigé par Méhée et Réal, le Révélateur, publié par J. M. Errard, le Pacificateur, rédigé par Galletti, Piquenard et Étienne Méjan, et l’Historien. On n’a pu trouver aucune mention de Bourbon-Gravières.

Imprimeur : Lemaire, rue d’Enfer, n°141

Abonnement : n° 892, 24 janvier 1798 : 12 liv. pour trois mois, 21 liv. pour six mois, et 40 liv. pour l’année ; n° 977, 19 avril 1798 : 12 liv. pour trois mois, 23 liv. pour six mois, et 44 liv. pour l’année (an VI)

Rédacteur : François Martin Poultier d’Elmotte (1753-1826), conventionnel régicide qui a participé à la chute de Robespierre (voir Dictionnaire des journalistes, notice n°656) ;  puis Bovinet, puis Barbier-Neuville. José Marchena se défend d'avoir continué à y collaborer après les n°1 et 3  (lettre au Journal de Paris, 3 septembre 1795).

Contenu annoncé : "Je réitère à mes collègues [du conseil des Cinq-cents] la promesse de consigner dans mon journal tout ce qu'ils m'adresseront, quelle que soit l'opposition des mes opinions aux leurs ; l'Ami des lois est la tribune privée et supplétive du corps législatif" (n°892)

Contenu réel : lettre au rédacteur, Variétés, Conseil des Cinq-Cents.

Formes du discours : annonces imprimées perpendiculairement dans les marges intérieures de la feuille.

Orientation politique : feuille gouvernementale. De brumaire à fructidor an VII, Bourbon-Gravières reçut un "encouragement mensuel" du ministère de la Police générale 

Mentions d’autres journaux Courrier de l'armée d'Italie (n°892, p. 2) ; Journal des hommes libres (n°977)

Mentions dans d’autres journaux : en septembre-octobre 1799, l’Ami des lois, surnommé « l’Ami des rois » ou « la feuille d’infamie » est régulièrement la cible de la feuille démocrate d’Antonelle, l’Ennemi des oppresseurs (1799, p. 2, 98, 116, 138, 143, 146). Autre jugement :

« Le vaniteux Ami des loix, qui affiche pourtant un grand placard à la porte de sa maison, par lequel il invite chacun, qui aurait un fait injuste et despotique à dénoncer, de le faire connaître ici, comme dans un dépôt des droits de l’homme; cette feuille même, qui veut paraître consacrée uniquement à la vérité, est remplie de calomnies et de mensonges. » (J. G. Heinzman, Voyage d’un Allemand à Paris, 14 août 1798).

Personnages cités favorablement : Camille Desmoulins, Phélippeaux

Personnages cités défavorablement : Robespierre ; Benjamin Constant (p. 3) : cette mention est peut-être à l’origine du duel entre Georges Sibuet et Benjamin Constant en avril 1798,

Mots caractéristiques : anarchistes de l’an II ; boucheries révolutionnaires

Contexte politique immédiat : l’Ami des lois fut un des rares journaux politiques (treize sur soixante) non supprimés par l’arrêté du Consulat du 27 nivôse an VIII, mais fut interdit cinq mois plus tard.

Bibliographie : Hatin, Bibliographie, p. 249 ; M. Tourneux, Bibliographie de l’histoire de Paris pendant la Révolution, Paris, 1890-1913, n° 10995 à 10995 ; A. Söderhjelm, Le Régime de la presse pendant la Révolution française, Helsingfors, 1900-1901, vol. II, p. 55 ; Martin et Walter, t. IV, p. 355 et t. V, p. 562 ; Popkin J., «Les journaux républicains 1795-1799», Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. XXXI, janv.-mars 1984, p. 143-157 ; Archives nationales : AF/III/45, Dossier 162, pièces 85-132 (et dossier 161, pièces 7-21, note) ; AF/III/16, f°188-201 ; AF/III/625, plaquettes 4440, pièces 120-196, et 4441, pièces 187-283.

Cotes : BM Lyon 132734-977 (numérisation Google), BnF NUMP-15150 (numérisation Gallica)

Article remarquable :

Lettre du représentant Rousseau soutenant l’idée que le tribunal révolutionnaire était vendu au royalisme (p. 1-2)