J89053

Pierre RétatLes Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, Editions du CNRS, 1988, p. 90-91

mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur


 

Numéro

053

Type

NS

Aire géographique

PRESSE PARISIENNE

Année début

1789

Titre

COURIER/ POLITIQUE ET LITTERAIRE

Modification(s) du Titre

Courier national,/ politique et littéraire, à partir du n° XXVIII (5 oct., autant que les lacunes des collections peuvent permettre de fixer la date).

Epigraphe

Utile dulci.

Dates extrêmes

1er septembre-20 décembre 1789.

Prospectus

petit prospectus de 2 pages, fin septembre, après le n° II du 2 novembre dans la collection BN.

Périodicité annoncée

quotidienne: "Ce journal paraît tous les matins" (n° XII).

Périodicité réelle

quotidienne.

Collection en 1789

n° I-LII (1er sept.-29 oct.); n° I-XLVIII (1er nov.-21 déc.). Les numéros de la 2° série portent "Tome II" en bas à gauche.

Pagination

continue (1ère série, 424 pages; 2ème série, 448 pages).

Dimensions

130x220 mm.

Nombre de pages du cahier

8 p. (16 p. pour quelques numéros de nov.).

Format

in-8°.

Signatures

continues (A4 etc).

Imprimeur(s)

Cailleau, l’un des Imprimeurs Electeurs de la Ville de Paris, sauf n° X (12 nov.), Giroüard, et n° XLVII (20 déc.), Rozé, Imprimeur national.

Souscription

"On souscrit tous les jours pour ce Journal, hôtel de Sillery, chez M. de Chemant, chirugien-dentiste, quai et cul- de-sac Conti, à côté de PHôtel de la Monnaie"; 3 l./ mois, 30 l./ an (n° XII). A partir du 1er novembre, 5 l./ mois, 48 l./ an chez M. Videl, notaire à Paris (Prospectus et n° III, 3 nov.).

Permis de police

"Permis à la poste de faire passer dans les provinces le Journal intitulé [...], à la charge que les exemplaires porteront le nom de l’imprimeur. Fait au Comité de Police, le 5 sept. 1789. Signés Pitra, Le Rasle et Broussonnet."

Auteur(s)

à la fin du n° XLIX (26 oct), on prie les auteurs de pièces fugitives de ne plus les adresser à M. Dubois de Chemant, qui a seulement fourni le "local de notre Bureau", mais à "Messieurs les Auteurs."

Contenu réel

à partir d’octobre, un sommaire en tête de n°. La rubrique Assemblée Nationale, Suite des Séances est généralement en tête, mais introduit moins un compte rendu que quelques réflexions sur les questions du jour. Les titres internes répondent au sommaire, et introduisent des remarques assez brèves, des relations de faits divers. Quelques lettres de lecteurs.

Orientation idéologique

le contenu du journal est assez pauvre. Il revendique hautement la liberté de la presse, s’élève contre "l’aristocratie municipale" et les poursuites contre les colporteurs. Il prend, au début d’octobre, la défense de Marat. Mais il proteste de ses intentions pacifiques, accepte la loi martiale, dénonce la "cabale" des districts contre cette loi. En fait, il est de ces petites feuilles colportées qui spéculent souvent sur un sommaire sensationnel, débitent des rumeurs, et ses auteurs aiment la polémique violente; leur grand ennemi est Gorsas, qu’ils accusent de calomnie.

Historique

Toutes les collections du Courier national sont lacunaires. Il semble avoir eu des difficultés d’édition. L’augmentation du volume, de 8 à 16 pages, annoncée pour octobre dans le prospectus de la fin septembre, est renvoyé au 1er novembre, dans un Avis au verso de ce même prospectus. Après quelques livraisons à 16 pages, le journal est vite revenu au volume antérieur.
Les auteurs ont eu l’idée originale de verser la moitié des recettes à la "caisse patriotique". De là le titre du Prospectus: Courier national, distribué au profit de la Caisse Nationale. Délibération du 27 Septembre 1789. La liste des abonnés devait être imprimée à la fin du volume, ainsi que le montant de la somme versée. Cette "offre patriotique" fut présentée à l’Assemblée Nationale le 30 septembre (voir Ephémérides de l’Assemblée Nationale, n° 2, 2 oct.).
Le journal a fait l’objet de vives critiques. Gorsas, dans son Courier, répond aux "impostures" des auteurs, et appelle leur journal "une de ces feuilles prostituées, sans nom d’Auteur, qu’on livre chaque jour à un public honnête"; il dit avoir cherché en vain, pour demander raison, les auteurs, "quatre inconnus se relayant tour à tour, et payés tour à tour", qui "attaquent les bons citoyens et louent à prix d’or les pervers" (n° XCVI, 12 oct., t. IV, p. 158-162). Brissot insère dans son Patriote français une lettre de Manuel dénonçant les nouvelles catastrophiques du journal, qu’il a entendu "crier toute la nuit" (n° CXXXII, 18 déc.).

Cote(s)

BN 8° Lc2 220; AR 8° Jo 20.893a; Ass. Nat. Ez” 8.99 et Ez” 8 boîte; Arch. Nat. AD XXA 159bis; Harvard Fr 1325.628; (toutes ces collections sont très lacunaires).