Aller au contenu principal

J89050

Pierre RétatLes Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, Editions du CNRS, 1988, p. 85-87
mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur 


 

Numéro

050

Type

AN

Aire géographique

PRESSE PARISIENNE

Année début

1789

Titre

COURIER NATIONAL/ SEANCE du...

Note sur le titre

Le titre est précédé de: N°... DE PUSSY, dans un encadrement orné.
Le journal disparaît en se réunissant avec le Courier de Madon (annonce dans ce dernier, n° XI, 13 nov. 1789).

Dates extrêmes

23 septembre-12 novembre 1789.

Périodicité annoncée

quotidienne, "régulièrement tous les jours (...), même les lendemains de fêtes et dimanches que l’Assemblée Nationale ne tient pas de séance" (n° 101, séance du 26 septembre).

Périodicité réelle

quotidienne.

Collection en 1789

n° 98 (séance du 23 septembre)-146 (séance du 12 novembre). La datation est celle des séances de l’Assemblée. Lorsqu’elle est vacante les 16-17 octobre, les numéros (120 et 121) sont sans date.

Pagination

par numéro (8 pages).

Dimensions

110x165 mm.

Nombre de pages du cahier

8 p.

Format

in-8°.

Signatures

par numéro (A4), mais de nombreux numéros ne sont pas signés.

Imprimeur(s)

Couturier (mention irrégulière, qui disparaît à la fin octobre).

Souscription

6 l./ mois, 15 l./ 3 mois, chez M. de Pussy, au Bureau du Courier National, rue Neuve Saint-Eustache, n° 48 (n° 98).

Permis de police

"M. M. du Comité de l’Hôtel-de-Ville de Paris ont autorisé la circulation du Courier National, pourvu que le nom de l’Auteur soit en tête de POuvrage. Ce 27 Août 1789. Signés... [sic]" (n° 134, séance du 31 oct.).

Auteur(s)

DE PUSSY. Du même auteur, voir les Etrennes nationales des dames.

Contenu annoncé

"L’activité connue" du journal est d’"annoncer chaque jour les séances nationales de la veille"; "il rendra compte de quelques événements politiques, lorsque les séances seront insuffisantes pour remplir le cadre ordinaire" (n° 120, sans date, 17 oct.).

Contenu réel

résumé des délibérations de l’Assemblée Nationale, sous forme d’un discours suivi, composé à partir de discours prononcés, et qui est souvent plus une réflexion sur les débats qu’un compte rendu. Commentaires personnels assez fréquents. Rares nouvelles de province, quelques lettres. Lors des journées d’octobre, le journal inscrit dans le texte le présent vécu et les craintes du journaliste.

Orientation idéologique

le journal répand la "vérité", "l’amour de l’ordre et de la paix", il est l’oeuvre d’un "apôtre du patriotisme et de la liberté", d’une "sentinelle vigilante du peuple" (n° 121, sans date, 18 oct.). Nombreuses dénonciations du clergé, crainte de l’"aristocratie", des "patrons du despotisme" à l’Assemblée Nationale. Projets patriotiques (par exemple d’un "parc de la liberté", n° 121). Le ton est toujours très modéré. La loi martiale est considérée comme une preuve d’anglomanie (n° 124).

Mention(s) d’autres journaux

vives attaques contre le Journal politique-national (n° 121, 135).

Historique

La seule collection subsistante, à notre connaissance, est celle de la BN. Comme toutes les collections du Courier national, elle pose des questions épineuses. Tourneux (n° 10311) fait état d’une note qui fixe le commencement du journal au 28 août. Comment expliquer alors la numérotation (n° 98, 23 sept.) puisque le journal n’aurait eu au plus que 26 numéros à partir du 28 août? Cette date a sans doute été inférée de celle du permis de police (27 août), qu’on trouve au n° 134.
Plusieurs indices permettent de penser que le journal de Pussy est la continuation du Courier national, conservé sous la même côte BN (Lc2 144, 1er juillet-14 août), et dont le titre apparaît le 6 juillet: même adresse du bureau d’abonnement, rue Neuve Saint-Eustache, n° 48, qu’on trouve régulièrement à partir du numéro du 30 juillet, même prix d’abonnement (6 l., voir numéro du 1er août), même imprimeur, Couturier (dont le nom apparaît à partir du 3 août jusqu’au 14 août). Martin et Walter ont consacré aux deux collections une seule notice (n° 333), alors que Tourneux ne se prononce pas, et les traite séparément (n° 10225, 10311). Le Catalogue collectif met en continuité le Courier national des 1er juillet-14 août et le Courrier national ou rapport très exact... (Lc2 280bis etc., commencé le 18 août). On se reportera à la notice de ce dernier journal, qui évoque les difficultés qu’il soulève.
Toutefois l’articulation du journal de Pussy et de la première collection reste obscure: le n° 98 devrait renvoyer à un début qui se situerait le 17 juin. Si de Pussy était déjà rédacteur avant le 14 août, pourquoi n’a-t-il obtenu une permission de police que le 27 août? A-t-il rencontré des difficultés pour continuer son journal, ou au contraire a-t-il réussi à reprendre à son compte une entreprise interrompue? La numérotation impressionnante n’est-elle pas une imposture? Aucun document ne permet de répondre à ces questions.
Quelques indices textuels tendent à prouver que de Pussy était déjà rédacteur du Courier national au début d’août: en des termes semblables, il oppose aux "orateurs" les "jugeurs silencieux" de l’Assemblée dans le n° du 1er août et dans le n° 101 de son Courier du 26 septembre. La méthode du compte rendu des débats, qui consiste à réunir les discours "dans un seul contexte" (n° des 10-11 août), est réemployée dans son propre Courier (voir par exemple n° 108, 5 oct.).

Cote(s)

BN 8° Lc2 144.