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J89048

Pierre Rétat, Les Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, Editions du CNRS, 1988, p. 80-83
mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur


 

Numéro

048

Type

ANN

Titre

COURIER FRANÇAIS

Aire géographique

PRESSE PARISIENNE

Année début

1789

Année fin

1797

Note sur le titre

Page de titre du tome I (ajoutée en 1790): Courrier français, ou Tableau périodique et raisonné des Opérations de l'Assemblée Nationale, suivi d’une correspondance politique, civile, militaire, ecclésiastique et commerciale de toute l'Europe, Rédigé par M. P. D. L. R. T. C. A. L. T. D. M. Un Tableau des Etats Généraux, depuis l'origine de la Monarchie, jusqu'à l'Assemblée Nationale, 64 p., ajouté en tête du t. 1 en 1790.

Modification(s) du Titre

Seance du... (26-27 juin); Assemblée Nationale, Session première (et les Séances numérotées en romain à la suite), à partir du 30 juin; Assemblée Nationale ou Courier français à partir de la suite de la séance du 1er août; Courier français, du..., Assemblée Nationale, à partir du n° 57 (31 août). Remarquer que la numérotation en chiffre arabe intervient à partir du 13 août (n° 41).

Dates extrêmes

26 juin 1789-4 septembre 1797.

Prospectus

à la suite du n° 95 (8 oct.), dans BN 8° Lc2 156, un prospectus de la fin décembre.

Périodicité annoncée

quotidienne, le numéro sort tous les jours à 6 heures du matin pour Paris, il est à 10 heures à la poste pour la province (Prospectus de décembre).

Périodicité réelle

quotidienne.

Collection en 1789

t. I, n°[l] (26 juin)-n° 87 (30 septembre) 4% p.; t. II, n° 88-179 (1er octobre-31 décembre), 736 p.

Collection

48 vol. (jusqu’en 1797).

Pagination

discontinue puis continue par tome, à partir du premier août.

Dimensions

120x195 mm.

Nombre de pages du cahier

8 p.

Format

in-8°.

Signatures

discontinues (A), puis, à partir de la Séance V du 3 juillet, numériques et continues (avec exceptions); signatures alphabétiques continues à partir du numéro 57 (31 août).

Editeur(s)

Gueffier junior (30 juin 1789) =>.

Imprimeur(s)

Grangé, Séance XXIV (25 juill. 1789) =>; de l’imprimerie de Gueffier, Séance XXXIX (11 août 1789) =>.

Souscription

4 l. pour Paris, 4 l. 16 s./ mois pour la province, franc de port, chez Gueffier jeune (à partir de la séance XXIX, 31 juill.).

Permis de police

"Laisser-passer" du 16 juill. (Séance XV, 15 juillet), et, dans les numéros suivants, il est daté de la veille ou du jour de la livraison; il disparaît après la Séance XXIII (24 juill.). "Permis de faire passer en Province en inscrivant à chaque Numéro le nom de l’imprimeur ou du libraire; fait au Comité de police à PHôtel-de-Ville, le 4 sept. 1789" (n° 70, 13 sept., et numéros suivants).

Auteur(s)

[PONCELIN DE LA ROCHE-TILHAC Jean-Charles].

Contenu annoncé

le prospectus de la fin décembre annonce un élargissement considérable du contenu du journal (nouvelles de l’Europe, des provinces, de littérature, sciences et arts, avis et annonces...) et un Supplément sous le titre Courrier du Commerce et des colonies.

Contenu réel

compte rendu continu des séances de l’Assemblée. Des titres internes, à partir de la Séance V (3 juill.), divisent les débats; souvent, un titre en capitale au début. Un long sommaire apparaît sous le titre à partir de la Séance XXXIX (11 août); des annonces de livres à partir de la fin août. Des nouvelles de province fréquentes à partir de la mi-août, des Pays-Bas autrichiens à partir du n° 134 (16 nov.). Enfin, à partir de décembre, des rubriques, régulières, Nouvelles de Paris, Nouvelles des Pays Etrangers, Nécrologe. Un Supplément bibliographique, annoncé au n° 79 (22 sept.), paraît pour la première fois à la suite du n° 179 (31 déc.), sous le titre Notice de livres nouveaux. Un Supplément à la fin du tome I: Decrets de l'Assemblée Nationale.

Formes du discours

le journaliste est très présent dans son compte rendu; il prend parti et rappelle ses ouvrages antérieurs. Des récits au présent se développent de façon autonome, bien qu’ils soient présentés comme ayant été faits à l’Assemblée, surtout en juillet et août; mais aucun récit des journées d’octobre.

Orientation idéologique

le journaliste est à la fois très engagé contre le "parti aristocratique", le clergé, et légaliste et modéré. Il prend vivement parti contre le veto, loue souvent Pétion et Robespierre, et le "parti des bons Patriotes". Mais il dénonce aussi les soulèvements populaires, les "folliculaires" qui jettent l’alarme, prêche l’obéissance à l’Assemblée et à la Municipalité, et ne fait aucun commentaire sur le décret du marc d’argent.

Mention(s) d’autres journaux

citation des Affiches de Grenoble, du Courrier de Lyon, des Affiches du Poitou, à plusieurs reprises.

Libraire(s)

"La rapidité avec laquelle on imprime ce journal, pendant la nuit, fait qu’il s’y glisse plusieurs fautes" (Errata, n° 174, 26 déc.).

Libelles

contre les "folliculaires" et leurs "criailleries indécentes" sur les complots, qui alarment "la sécurité du bon citoyen", n° 176 (28 déc).

Historique

Le Courier français est une des entreprises les plus vigoureuses nées au début de la Révolution. Le Catalogue collectif des périodiques, comme Martin et Walter, en fixe l’origine au 15 juin, d’après l’exemplaire BN 8° Lc2 156. Mais d’après le prospectus de décembre, le journal a commencé le 26 juin, et c’est d’ailleurs à cette date que s’ouvrent les collections BHVP 604 612, Arsenal 8° Jo 20 561 et 20 081. Les livraisons antérieures, dans BN 8° Lc2 156, 156A, et Arsenal 8°J 3326 (qui ne sont d’ailleurs pas les mêmes) doivent donc être exclues de la série. Elles font partie de ce complexe inextricable d’occasionnels et de séries partielles qui paraissent entre le 17 juin et le début juillet. Le Courier français présente un cas remarquable de constitution progressive d’un journal, par adaptations successives destinées à en affirmer la continuité périodique. D’abord simple compte rendu de séances (Séances du...), de pagination et de signatures séparées, sans mention d’éditeur ni d’imprimeur, il devient série régulière en deux temps. Le premier seuil se situe le 30 juin: numérotation des séances (Session première, puis, après deux livraisons qui reviennent curieusement à la présentation antérieure, Séance IV, etc.), nom du libraire; le second seuil se situe le 1er août: apparition du titre distinctif, Courier français, début d’une pagination continue, gages de durée pour les souscripteurs.
L’instauration du journal se fait donc lentement. Les signes de continuité (pagination, signatures continues, numériques puis alphabétiques) ne coïncident pas dans le temps. L’évolution du titre, l’inscription de la numérotation s’opèrent par glissements, adjonctions et permutations: Séance/ Du.../, puis Assemblée Nationale/ Session première/[date]/, puis Assemblée Nationale/ Séance IV/[date]/, puis Assemblée Nationale/ ou/ Courier français./ Séance... (numérotée toujours en romain)/, puis passage à la numérotation arabe intercalée entre Courier français et Séance du... (n° 41 et suivants), enfin N°.../ Courier français./ Du.../ Assemblée Nationale/ (à partir du n° 57).
Lorsque le journal a trouvé une forme stable, les innovations en affectent le contenu, à partir de la fin août: annonce de Suppléments (un Code national, appelé ensuite Code français, recueil de décrets promis à partir du n° 49, 22 août, supplément bibliographique signalé plus haut dans la notice), extension de l’information aux nouvelles des provinces, de l’étranger, aux annonces bibliographiques. Le prospectus de décembre lance un programme plus ambitieux encore. La BN conserve quelques numéros de janvier 1790 du Courier du Commerce et des Colonies qu’il annonce (Vp 19 311).

Cote(s)

BN 8° Lc2 156, 156A; BHVP 604.612-604.631 (1789-1792); AR 8° Jo 20.081, 20.561, 8° J 3326; Arch. Nat. AD XXA 152 (3 août 1789-1 août 1793); Ass. Nat. P 4.184 (2 tomes).