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J89045

Pierre RétatLes Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, Editions du CNRS, 1988, p. 75-79

mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur


 

Numéro

045

Type

ANN

Aire géographique

PRESSE PARISIENNE

Année début

1789

Année fin

1793

Titre

LE COURIER/ DE/ VERSAILLES A PARIS,/ ET/ DE PARIS A VERSAILLES

Modification(s) du Titre

LE COURRIER/ DE/ PARIS DANS LES PROVINCES,/ ET/ DES PROVINCES A PARIS,/ POUR SERVIR DE SUITE AU COURRIER DE VERSAILLES A PARIS, Etc./ Par M. GORSAS, Citoyen de Paris./(à partir du t. V, I, 20 octobre).

Epigraphe

Vires acquirit eundo.

Dates extrêmes

5 juillet 1789-31 mai 1793.

Périodicité annoncée

"Tous les jours à 8 heures" (verso de la page de titre du t. II, 28 juillet).

Périodicité réelle

quotidienne.

Collection en 1789

7 vol: t. 1, 5-27 juillet, n° I-XX, 340 p.; t. II, 28 juillet-31 août, n° XXI-LV, 556 p.; t. III, ler-30 septembre, n° LVI-LXXXV, 524 p.; t. IV, 1er-17 octobre, n° LXXXVI-CI, 256 p.; t. V, 20 octobre-13 novembre, n° I-XXIV, 412 p.; t. VI, 14 novembre-11 décembre, n° I-XXVIII, 440 p.;
t. VII, 12 décembre-7 janvier 1790, n° I-XXVII, 424 p.

Pagination

continue par tome.

Dimensions

122x192 mm.

Nombre de pages du cahier

16 p.

Format

in-8°.

Signatures

continues par tome.

Lieu(x) mentionné(s)

Paris.

Editeur(s)

chez l’auteur 31, rue Ticquetone, et chez les libraires, n° XXIX (5 août); 69, rue Galande (en face du libraire Quillau), t. V, n° XXII (11 nov.).

Imprimeur(s)

Quillau, t. II, n° XXI (28 juill. 1789) =>.

Souscription

6 l./ mois pour Paris, 7 l. 10 s./ mois pour la province (n° XXIX, 5août).Mention d’impression des noms et adresses, n° LUI (29 août). Les abonnements partiront du début du mois, pour éviter les désagréments des souscriptions à toutes dates (t. V, n° X, 29 oct.).

Permis de police

"Comité de police: Arrêté que le Courier de Versailles à Paris, sous le nom de M. Gorsas, Citoyen de Paris, et Membre du District de St Leu, sera envoyé par la Poste à Paris,... et que la circulation en sera libre, ainsi qu’elle est permise par toute la Province. A l’Hôtel de Ville, ce 3 Août
Signé Pitra, Président; de Carbonière, secrétaire; Quincquet et La Grenée" (n° XXIX, 5 août), (disparaît à partir du 18 août).

Auteur(s)

GORSAS (Antoine-Joseph). La mention apparaît à partir du n° XIX (26 juill.): "Par M. Gorsas, citoyen de Paris", sous le titre.

Contenu annoncé

"rendre compte des séances publiques des Etats-Géne- raux", et de "tout ce qu’il [le Courrier] verra ou apprendra dans ses voyages. Il détruira les faux bruits (...) dans un esprit de paix et de conciliation" (n° II, sans date, [7 juill.]).

Contenu réel

"Procès verbal" ou "Précis" des Séances de l’Assemblée Nationale (dont la place n’est pas fixe), et quantité de titres occasionnels variant d’un numéro à l’autre, quelquefois mis en relief en début de numéro.

Formes du discours

journal d’information journalière, le Courrier, outre le compte rendu, souvent très vif, de l’assemblée, fait entrer beaucoup de nouvelles, de courts récits, de réflexions, de lettres de lecteurs, de réponses du journaliste, dont la présence est constante et l’énonciation très marquée. Gorsas est remarquablement sensible à l’événement.

Orientation idéologique

Gorsas est un "patriote", mais aussi un "bourgeois de Paris", ami de l’ordre et de la tranquillité. Aucune perspective dogmatique. Opposé au veto absolu, très actif dans les journées qui précèdent le 5 octobre, il craint cependant les soulèvements populaires, approuve la loi martiale, s’élève très souvent contre le pouvoir des districts. La "révolution" qu’il exalte est celle qui ouvre une ère de liberté modérée.

Mention(s) d’autres journaux

Gorsas se plaint de l’imitation de son titre par le Courier national et le Courrier nocturne (t. II, V° de la page de titre, 28 juill.). Violentes dénonciations du Furet parisien et de l’Ami du Peuple (t. IV, n° XCIV, 10 oct., n° XCV, 11 oct., n° XCVI, 12 oct.). Contre le Courier national (t. V, n° IX, 28 oct.). Gorsas se moque du Courier de Brabant et de l’Observateur, des nouvelles folles qu’ils débitent (t. VI, n° XIX, 2 déc.).

Libraire(s)

plusieurs témoignages sur les multiples impressions, simultanées ou successives, du journal; sur ses difficultés de publication au moment des journées d’octobre.

Diffusion

plaintes fréquentes sur l’inexactitude des Postes. Tentative pour diffuser dans Paris par des "facteurs particuliers", sans succès (t. VI, n° II, 15 nov.). A partir du 9 décembre, Gorsas indique chaque jour l’heure précise de la remise des paquets à la poste la veille.

Historique

le Courrier de Gorsas, malgré ce qu’en ont dit Hatin (Histoire politique et littéraire de la presse en France, t. VI, p. 296) et d’autres à sa suite, est dès le début un des journaux les plus intéressants et les plus remarquables de la Révolution, par les qualités de journaliste, le sens de l’événement qu’y déploie l’auteur et par la richesse de l’information.
La mise en place périodique ne se fait que progressivement. La page de titre du tome II, qui fait partie du cahier de la première livraison (n° XXI, 28 juillet) annonce au verso la sortie du journal tous les jours à 8 heures, et le nom de l’imprimeur Quillau apparaît pour la première fois à la fin de cette livraison: c’est la première trace d’un engagement journalier, mais qui ne semble concerner que les lecteurs parisiens. Dans le n° XXIX du 5 août, Gorsas annonce un prospectus (qui n’a sans doute pas paru) et l’ouverture de la souscription pour Paris et la province: le journal s’établit donc définitivement et étend son marché à la province. Il a dû se vendre auparavant au numéro, mais on ne trouve aucune mention de prix.
Le texte prouve qu’il a fait l’objet de plusieurs impressions simultanées ou successives (voir n° XX, 27 juill., N.B. final; n° LXVIII, 13 sept., p. 223; n° LXXX, 25 sept., p. 409). Les collections manifestent des variations dues à des réimpressions partielles; la page de titre du tome I de BN 8° Lc2 159 est en réalité une page de titre du tome IV (oct.) corrigée. Dans BN 8° Lc2 159A et Arch. Nat. AD XXA 174, la page de titre du t. I fait partie du premier cahier, ce qui prouve une réimpression tardive; en outre les premiers numéros, contenant un avis annonçant l’ouverture de l’abonnement et un prospectus n’ont pu paraître qu’après le n° XXIX du 5 août. On voit d’ailleurs alterner, dans ces collections, des numéros d’impression différente, et les graphies Courier et Courrier. Dans sa bibliographie (n° 10233) Tourneux signale une réimpression du journal à Caen, chez G. Le Roy, dont des fragments ont été acquis par L. de La Sicotière. L’article que ce dernier a publié dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de Normandie (t. IX, 1879-1880, 2ème fasc.) ne contient que quelques vagues indications à cet égard (p. 467). Ces numéros figurent dans le Catalogue de la bibliothèque de M. Léon de La Sicotière, rédigé par M. L. Polain (Alençon 1902, t. II, n° 7667-7670). La Bibliothèque d’Alençon conserve, sous la cote 1526, collection La Sicotière, la partie correspondant au n° 7667 du catalogue: numéros des 7, 27 septembre, 3, 9, 17 octobre, 6 novembre et divers numéros incomplets. Or la John Hay Library de PUniversité Brown, Providence, Rhode Island, conserve sous la cote Fga C 83, une collection à peu près complète de cette contrefaçon du 16 juillet au 30 septembre. Les quelques numéros de la collection La Sicotière sont de forme identique, et le catalogue prouve que la contrefaçon s’est poursuivie jusqu’en 1790. Nous en analysons seulement quelques caractéristiques essentielles.
1. Aucune mention de lieu ni d’imprimeur. Deux pièces insérées dans la coll. Brown, à la fin du tome II, après le numéro du 31 août (lettre datée de Caen) et au tome III, après le numéro du 13 septembre. (Discours prononcé lors d’une bénédiction d’étendards de volontaires nationaux de Caen avec l’adresse "A Caen, chez G. Le Roy, imprimeur du Roi"), offrent des indices clairs de localisation. Le contrefacteur a probablement ouvert une souscription (avant Gorsas!), puisque le numéro du 28 juillet se termine sur un Nota: "On s’abonne tous les jours pour cette feuille". Selon le numéro du 3 août, le Courrier sortait à midi.
2. Le titre est d’abord celui de Gorsas, et, comme dans l’original, son nom apparaît à partir du numéro du 26 juillet; à partir du 6 août, il est abrégé et devient simplement Le Courrier. Avec quelques éclipses, l’épigraphe de Gorsas figure toujours sous le titre. Un bandeau en haut de 1ère page (contrairement à l’original): d’abord deux filets, puis des bois gravés changeant souvent d’un numéro à l’autre; le titre est en capitales droites.
3. Les livraisons non numérotées, sont toutes signées A et paginées à part. Il n’y a aucune tomaison.
4. Le texte est semblable, mais avec quelques variantes de détail et surtout de fréquents décalages d’une journée ou des fusions partielles de numéros successifs. Quelques livraisons, contenant des textes officiels, sont intercalées sous le titre Feuille gratis ou Gratis (à la suite du numéro du 7 août et du supplément du 15 août).
5. On remarque quelques inadvertances du contrefacteur. Le n° du 17 août reproduit textuellement l’Avis de celui de Gorsas, avec l’adresse du bureau parisien. Le supplément du 10 sept., signé B, présente une signature M2 au second feuillet (p. 19), qui est celle de l’original.
Nous remercions les conservateurs des Bibliothèques de Caen, d’Alençon et de la John Hay Library de nous avoir permis de mener à bien cette petite enquête.
La collection Melvin, à l’Université de Kansas, contient un Extrait des nouvelles de Versailles. Du 30 juillet 1789. Extrait du Courrier de Versailles à Paris, et de Paris à Versailles, A Bordeaux, chez Michel Racle, Imprimeur de l’Hôtel-de-Ville, rue Saint-James; "Imprimé et publié par ordres des quatre- vingt-dix électeurs des Communes de Bordeaux. A Bordeaux, le 3 août, 1789". Voir, pour une réimpression semblable, la fin de la notice du Point du jour.

Cote(s)

BN 8° Lc2 159, 160; BHVP 11.481; Arch. Nat. AD XXA 174; AR 8°Jo 20.028.