Aller au contenu principal

J89018

Pierre RétatLes Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, Editions du CNRS, 1988, p. 46-49
mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur 


 

Numéro

018

Type

AN

Aire géographique

PRESSE PARISIENNE

Année début

1789

Année fin

1790

Titre

BULLETIN/ DE/ L’ASSEMBLEE NATIONALE

Dates extrêmes

7 juillet 1789-[?]1790.

Prospectus

en tête de la collection BN, 4 pages, chez Momoro (7 juill.); autre prospectus, 3 pages, chez Knapen-fils (début sept.?), en tête du 2ème volume de la collection BN, et BHVP 954. 073.

Périodicité annoncée

"Tous les jours d’assemblée" (Prospectus de juillet); "tous les matins" (n° 5, appel de souscription).

Périodicité réelle

idem

Collection en 1789

deux séries: n° [1-3], non numérotés (7-9 juillet), n°4-31 (10 juillet-6 août), avec plusieurs Suppléments; n° Ier-CLVI (7 août-30 janvier 1790). La datation est celle de la Séance de l’Assemblée, avec la mention de l’heure d’ouverture. Sur les collections subsistantes, voir la note à la fin de cet article.

Pagination

par numéro (8 à 16 pages).

Dimensions

125x207 mm.

Nombre de pages du cahier

8 ou 16 p.

Format

in-8°.

Signatures

numéros [1]-31 non signés; à partir de la seconde série, numéros 1er (6 août) et suivants, signature A4, par numéro.

Editeur(s)

Momoro, libraire, première série, son nom apparaît régulièrement n° [3] =>; Knapen fils, Imprimeur-libraire, seconde série.

Imprimeur(s)

Grangé, n° 22 (Supplément du 27 juill. 1789) =>; Knapen, seconde série.

Souscription

6 l./ mois, chez Momoro (Prospectus). 6 l./ mois pour Paris, 7 l. 10 s./ mois pour la province (n° 13, 15 juill.). Le prix reste le même dans la série éditée par Knapen.

Permis de police

deux permis, du 16 juillet, et du 2 septembre (voir la note à la fin de l’article).

Auteur(s)

[MARET Hugues-Bernard].

Contenu annoncé

"Histoire de ce qui s’est fait tous les jours à l’Assemblée". "Aucune réflexion, ni sur les opinions, ni sur les talents de ceux dont nous aurons occasion de parler"; proposition, si le public le désire, d’une introduction remontant à l’"heureuse réunion de tous les ordres", que l’auteur a faite pour lui (Prospectus de juill.). "Peindre si exactement chaque séance, que le lecteur fût transporté dans la Salle commune, qu’il pût y suivre la marche des esprits et des opinions, et se consoler ainsi de n’être pas témoin de l’énergie majestueuse qui y anime tous les coeurs" (n° [1]). Le prospectus de septembre insiste plus encore sur le caractère de simple "procès-verbal circonstanciel" du journal.

Contenu réel

Compte rendu clair, sec, consacré presque exclusivement à la restitution, en résumé ou en citation, des opinions, discours, motions... Les noms des orateurs sont mis en vedette, en italiques, entre les alinéas. Le journal omet tous les détails ou notations extérieures au discours, ou les rejette en marge (dans des notes). Au début, quelques commentaires sobres (sur les scènes sensibles, sur le courage des députés). Forme parfaite du compte rendu quasi officiel.

Historique

Les collections conservées sont assez rares, et lacunaires. Tourneux, dans ses excellentes notices (n° 10. 234-10. 234b) a signalé la nécessité de compléter l’exemplaire de la BN par celui de PArsenal, incomplet au début, mais beaucoup plus complet ensuite, et qui offre une série continue du n° XXXI (12 sept.) au n° CLVI (30 janv. 1790). Signalons, à la bibliothèque de l’Assemblée Nationale, une collection du 8 juillet 1789 au 23 avril 1790, avec des lacunes, que nous n’avons pu malheureusement consulter. A partir du 3 février 1790, Maret est devenu le rédacteur de la rubrique Assemblée Nationale de la Gazette Nationale de Panckoucke, mais son Bulletin, qui offrait le même texte, a continué de paraître. La réédition de l’an IV de la Gazette Nationale (donc celles de l’"Ancien Moniteur" au XIXème siècle) a substitué, dans les numéros du 24 novembre 1789 au 2 février 1790, le texte du Bulletin de Maret au compte rendu original. Dans L’Avertissement de l’éditeur, au verso de la page de titre, tome I de l’édition de l’an IV, on vante la "forme dramatique" donnée aux séances par Maret. On peut dire sans doute que le Moniteur a fait la fortune du Bulletin en l’intégrant.
Le sous-titre du Bulletin présente quelques légères modifications: la simple mention Du... (et la date, avec l’heure d’ouverture de la séance) est remplacée par Séance du... à partir du n° X (18 août). La double datation, de la séance et de la publication, apparaît au n° LXII: "Séance du Lundi 12 Octobre à 8H du soir, publié le samedi 17 octobre 1789". Les numéros LXX- LXXXIV (24 oct.-9 nov.) ajoutent au titre: Séante à Paris, dans la Salle de l’Archevêché, et les numéros LXXXV et suivants, Séante aux Thuileries.
Un sommaire apparaît à partir du n° XXVII (7 sept.), il est plus aéré et distribué en alinéas à partir du n° XXXIV (16 sept.) avec parfois de petites capitales; le corps d’italiques peut varier d’un numéro à l’autre. Un seul titre occasionnel au dessus du titre, dans le n° 30 (4 août).
Une réédition a paru à Nancy, chez Haener, à partir du n° XXXI (BN 8° Lc2 134a, 10 vol., 12 sept.-juill. 1790). Un Avis au public du 16 septembre vante la précision, l’impartialité, la rapidité du Bulletin, mais déplore qu’il ne soit pas plus connu, à cause de son prix supérieur à celui des autres journaux, qui coûtent au plus trois livres dans les provinces. La réédition est annoncée pour paraître quatre fois par semaine (dimanche, mardi, jeudi et samedi), trois livres pour Nancy quand on aura atteint cent souscripteurs, et jusque là quatre sous par numéro.
L’éditeur nancéen groupe généralement deux numéros de Maret, mais il prend de grandes libertés: du 22 au 25 septembre, le journal prend le titre d'Extrait de différents journaux, regroupe des textes divers. Le retour au titre Bulletin (26 sept.) est trompeur, puisque l’éditeur insère des passages du Patriote français, sans en aviser ses lecteurs. A partir des numéros LIV-LV (8- 9 oct.), il revient fidèlement au texte de Maret, mais la numérotation ne correspond pas toujours exactement à celle de l’original.
Les permis de police du Bulletin de Maret sont curieux. Un premier se trouve à la fin des numéros 10-21 (16-25 juill., Supplément): "Permis de continuer l’impression et distribution du présent Bulletin, sans néanmoins entendre établir la nécessité d’aucune permission. Par le Comité permanent, Chignard, Duclos-Dufresny, Duvergnier, secrétaire, Buffenil, Echevin. " Un second apparaît à partir du n° XXIII (2 sept.): "Le Comité permet aux Colporteurs la publication d’une feuille intitulée Bulletin de l’Assemblée Nationale, dont l’authenticité est garantie par la signature du Membre de l’Assemblée Nationale, qui en est l’auteur, laquelle est restée déposée au Comité de Police. Fait à l’Hôtel-de-Ville, le 2 septembre 1789. L’Abbé Fauchet, Président, Bourée de Corberon, vice-Président, le Comte de Miroménil, Decaudin, Pitra". Enfin, à partir du n° LXVI (20 oct.): "En considération du Député de l’Assemblée Nationale, Auteur du Journal intitulé [...], lequel s’est rendu garant de cet ouvrage; le Comité de Police renouvelle la permission donnée le 2 septembre par voie d’exception pour la publication de cette feuille. Fait au Comité de Police le 20 octobre 1789 signé Quinquet, Poursin de Granchamp, Decorbinière, B. Duluc, Bourdon de la Crosnière". Maret n’était pas député, mais, comme le remarque Tourneux, cette qualité était attribuée assez facilement. En tout cas, on voit que son sage "procès-verbal" jouit d’un statut dérogatoire. Un lecteur exprime sur ce point son étonnement ironique dans une Lettre au rédacteur publiée dans la Gazette Nationale (n° 7, 7 janv. 1790); Feydel dénonçait déjà ce genre de permission, dans son Observateur (n° 36, 31 oct., p. 285-287).

Cote(s)

BN 8° Lc2 134; AR 8° Jo 20.250; Ass. Nat. Ez” 8.97 (recueil de journaux incomplets dont quelques numéros du Bulletin).