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J89014

Pierre RétatLes Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, Editions du CNRS, 1988, p. 41-43
mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur 


 

Numéro

014

Type

AN

Aire géographique

PRESSE PARISIENNE

Année début

1789

Titre

ASSEMBLEE NATIONALE./ SEANCE du....

Modification(s) du Titre

COURIER NATIONAL./ SEANCE du.../ (à partir du 6 juill.). Au début de Lc2 144, une page de titre: Assemblée Nationale. Mois de Juillet 1789.

Dates extrêmes

25 juin-14 août 1789.

Prospectus

prospectus de la fin juillet, en tête de Lc2 144, 3 pages, imprimeur: Couturier.

Périodicité annoncée

"Il paraîtra tous les matins une feuille de huit pages" (Séance du 1er juillet). Le Courier National avancera "sa course de deux heures" et "se rendra très exactement dans les quartiers les plus éloignés de Paris, avant 9 heures du matin" (Séance des 15-18 juillet). "Nous paraissons trop tard"; "je souffre de ne pas arriver (ainsi que je l’ai promis) avant 9H dans les quartiers les plus éloignés de Paris" (Prospectus, fin juillet).

Périodicité réelle

quotidienne.

Collection en 1789

livraisons non numérotées de la séance du 25 juin à celles des 13-14 août.

Pagination

par livraison (8 pages).

Dimensions

110x165 mm.

Nombre de pages du cahier

8 p.

Format

in-8°.

Signatures

par livraison (A4).

Imprimeur(s)

Couturier (séance du 8 juill. 1789) =>.

Souscription

6 l./ mois pour Paris et la province, à Paris au bureau du Courier National, rue Neuve-Saint-Eustache, n° 48, chez Royez, libraire, rue des Augustins, et chez Debrai, libraire, sous les galeries du Palais-Royal, n° 235 (Prospectus).

Certains numéros ajoutent l’adresse de la rue Thevenot, n° 18 (29, 30 juill.).

Une mention manuscrite d’époque, au numéro du 1er août: "et pour la correspondance de Province, Rue et vis-à-vis l’hôtel des Deux-Ecus".

Permis de police

"M. de Maissemy, directeur général de la librairie, auquel le Comité provisoire de l’Hôtel-de-Ville s’en rapporte pour autoriser l’envoi en Province, par la poste, des feuilles et brochures, a prié M. le baron d’Ogny de laisser circuler l’ouvrage périodique ayant pour titre: Courier National. A Paris, ce 29 juillet 1789. Signé De Maissemy" (séance du 1er août).

Auteur(s)

[PUSSY (?)] Sur les raisons qui pourraient le faire croire, voir la notice du Courier National de Pussy.

Contenu annoncé

le journal est "exact et vrai"; l’auteur répète "ce qui se passe à cette fameuse Assemblée Nationale", en y ajoutant du sien "pour embellir la scène, et lier ensemble les phrases prises à la volée" (Prospectus de la fin juill., de ton très vif, et qui s’en prend aux "journalistes folliculaires, fabricateurs de pamphlets").

Contenu réel

compte rendu de l’Assemblée Nationale. Parfois un sous-titre en capitales (par exemple n° du 8 août). L’événement est à peine évoqué, et uniquement à travers les rapports qui en sont faits à l’Assemblée, et les réactions qu’ils y suscitent. Le journal veut donner une information rapide, une connaissance interne des travaux des bureaux et de l’Assemblée: le lecteur "aura la satisfaction, dans son cabinet, de suivre les travaux journaliers, comme s’il en était le coopérateur" (10 juill.). Des réflexions personnelles assez fréquentes, et plus étendues lorsqu’il n’y a pas de séance.

Orientation idéologique

le journaliste exprime souvent sa confiance dans le roi et en Necker; il oppose, avant le 14 juillet, la "brave noblesse" aux "aristocrates qui entourent le trône". Les scènes sensibles sont nombreuses; moments "d’ivresse" de l’Assemblée, unanimité de la "nuit heureuse" du 4 août; élans de confiance, espoir en un "avenir fortuné". Pour s’opposer à la "populace furieuse", l’Assemblée doit travailler rapidement à établir une Constitution, un "code immortel", un "catéchisme de législation" (opposé aux projets "métaphysiques").

Historique

La date initiale du 25 juin correspond à la série reconstituée par confrontation des livraisons conservées à la BN, d’après le Catalogue collectif des périodiques. Inutile de dire que cette opération est des plus aléatoires, pour ce journal comme pour ceux qui naissent en juin. On se reportera, sur ce point, à notre introduction.

Le titre Courier National, qui apparaît à la séance du 6 juillet, est accompagné de la note suivante: "Cette feuille est la suite d’un journal qui paraît tous les matins, depuis le 4 mai. On le distinguait par ce titre: Assemblée Nationale, Séance du...; mais plusieurs journaux ayant pris le môme titre, nous avons adopté celui de Courier National' (note identique au numéro du même jour de la Suite des Nouvelles de Versailles).

Aucun journal n’a porté ce titre dès la 4 mai; la seule collection à laquelle on puisse penser est BN 8° Lc2 2235, qui a pour seul titre: Du..., du 8 mai au 25 juin (voir la notice). Rien n’autorise donc à en faire la partie primitive du Courier National. Néanmoins le Prospectus de la fin juillet annonce qu’"on trouvera au bureau la collection des mois de mai, juin, juillet". Il faut se résigner, par prudence, à traiter séparément des collections dont rien n’atteste la continuité.

Le Courier National est une des feuilles dont l’histoire éditoriale est la plus mystérieuse. A partir du 18 août, elle prend un nouveau cours, en reproduisant le texte de Versailles et Paris de Perlet, et bientôt après un nouveau titre: nous avons donc consacré une autre notice à cette série (BN 8° 280 bis etc.). Le journal est doublé, à partir du 1er juillet, par la Suite des nouvelles de Versailles (BN 8° Lc2 5901). Nous renvoyons à ces notices, et à celle du Courier National de Pussy, où nous formulerons quelques hypothèses pour expliquer les relations entre ces entreprises complémentaires ou rivales.

Cote(s)

BN 8° Lc2 2235 (25-27 juin, 2 juillet), 8° Lc2 156A (26-27 juin), 8° Lc2 144 (1° juillet-14 août).