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J89100

Pierre RétatLes Journaux de 1789. Bibliographie critique, Paris, Editions du CNRS, 1988, p. 147-150

mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteur  


  

 

Numéro

100

Type

AN

Aire géographique

PRESSE PARISIENNE

Année début

1789

Année fin

1791

Titre

JOURNAL/ DES/ ETATS GENERAUX,/ A commencer du 5 mai 1789,/ jour de leur ouverture.

Note sur le titre

Ce titre est celui du tome I dans BN 8° Lc2 135.

Modification(s) du Titre

Journal des Etats Généraux, convoqués par Louis XVI le 27 avril 1789, aujourd’hui Assemblée Nationale permanente (t. IV-X1X); [...] ou Journal logographique (t. XX-XXXV). Sur les problèmes posés par le titre, voir plus bas.

Dates extrêmes

[8 juin 1789J-30 septembre 1791.

Prospectus

3 pages, de l’imprimerie du Rédacteur, sans date [vers le 18 déc. 1789], BHVP 965. 780.

Périodicité annoncée

"Cette feuille paroîtra 3 fois la semaine" (t. I, n° [1], p. 32). Nombreuses mentions dans le t. I: "demain la suite" ou "La suite après- demain"... A partir du 30 juillet, "tous les matins" (t. II, n° 10, p. 162); envoi des abonnements à 8 h 30 du matin (t. V, n° 22, 4 nov.).

Périodicité réelle

irrégulière au début, mais proche de la quotidienneté. Selon l’annonce citée, le journal devient quotidien à la fin juillet.

Collection en 1789

Tome I, Etats-Généraux (27 avril-30 mai), 80 p.; 23 numéros (1er juin-11 juillet), 486 p. auxquelles s’ajoutent 7 p. et une Table générale des matières de 20 p.; t. II, 38 numéros (12 juillet-19 août), 615 p. et une Table générale de 20 p.; t. III, 32 numéros (19 août au soir-16 sept.), 486 p. et une Table; t. IV (16 sept, au soir-12 oct.); t. V (13 oct.-14 nov.); t. VI (16 nov.-17 déc.); t. VII (18 déc.-21 janv. 1790). Les dates sont celles des séances de l’Assemblée Nationale, non de la livraison. Pour la numérotation, voir plus loin.

Collection

XXXV t.

Pagination

continue par tome.

Dimensions

120x195 mm.

Nombre de pages du cahier

16 p.

Format

in-8°.

Signatures

continues par tome (A8 etc.).

Editeur(s)

Devaux et Gattey, Libraires au Palais-Royal, jusqu’à leur rupture avec le rédacteur et le lancement de leur édition concurrente, à partir du t. VI, n° 21 (séance du 7 déc.) (voir l’article de cette éd.). Le Hodey continue en montant une "Imprimerie du Rédacteur" (à partir du n° 26, 12 déc.).

Imprimeur(s)

L. M. Cellot (le nom apparaît à partir du t. II, n° 13, séance du 27 juill., p. 226).

Souscription

8 l./ mois pour Paris, 8 l. 10 s./ mois pour la province (t. II, n° 21, séance du 4 août, p. 362). 6 l. 12 s./ 30 numéros pour Paris, 7 l. 10 s./ 30 numéros pour la province, à la mi-décembre, selon le Prospectus BHVP 965. 780. On peut s’abonner pour 2 ou 3 mois (prix annoncé pour le 6ème vol. dans t. V, n° 22, 4 nov.). la souscription est ouverte seulement à partir du 26 juillet, chez Devaux: "on ne commencera à faire les envois que jeudi prochain [30 juillet], à cause des arrangements particuliers qu’on a à prendre pour la régularité des envois, qui se feront tous les matins" (t. II, n° 10, p. 162).

Auteur(s)

LE HODEY DE SAULTCHEVREUIL. Son nom apparaît à la page de titre du t. III (BN Lc2 135), mais il a déjà signé un Avertissement du Rédacteur (t. II, n° 10, Suite de la Séance du 24 juillet, p. 161). Le journal a été au début, et assez longtemps, attribué à Rabaud Saint-Etienne (voir Le Nouvelliste universel, n° X, 3 sept., p. 19). Dans une lettre au Journal de Paris, datée du 13 juillet, Rabaud dément en être l’auteur et déclare ne travailler "directement ni indirectement à aucun Journal" (n° 198, 17 juill., p. 892).

Contenu annoncé

"Comme nos correspondants à l’assemblée nationale se sont multipliés, et sont plus sûrs que jamais, nous promettons à nos abonnés que [...] les arrêtés, décrets, motions, s’y [dans cette feuille], trouveront tels qu’ils auront passé à l’assemblée" (t. II, n° 10, p. 162). Avec une "impartialité impassible au milieu des événements, une vérité toujours sévère dans les révolutions, et le respect dû aux opinions", le rédacteur suivra la croissance du "germe de la félicité publique" dans toutes les opérations de l’Assemblée Nationale, puis dans "toutes les branches du corps politique, quand elles seront en activité". "L’assemblée nationale est permanente, notre journal le sera également. " Il sera ouvert aux opinions, aux "élans du patriotisme" des "bons citoyens" (Avis du Rédacteur, après le n° 28, suite du 12 sept., t. III, p. 433-435). "Passif au milieu de l’esprit de parti et d’opposition, inséparable d’une grande assemblée, le Rédacteur se contente de faire sentir et toucher le choc des opinions, d’où jaillit la lumière et la vérité" (Prospectus de décembre).

Contenu réel

au début, de simples dates en intertitre. A partir du t. I (n° 2), de nombreux intertitres divisant les débats: Motion de M..., Discours de M... Compte rendu exhaustif, technique, des séances de l’Assemblée Nationale.

Orientation idéologique

le rédacteur de ce journal "impassible" ne s’exprime que très rarement. Exaltation du travail de l’Assemblée Nationale, de ses "lumières", crainte des "affections désordonnées" du "bas-peuple" qui confond "la liberté avec les abus de la liberté", crainte de l’"anarchie universelle", mais aussi des manoeuvres des "privilégiés" à l’Assemblée Nationale (Réflexion d’un Patriote, t. II, n° 38, Suite de la séance du 19 [août], p. 613-615).

Libraire(s)

l’auteur dénonce une contrefaçon de sa feuille par Saint-Aubin, qui se prétend rédacteur. "On prévient le public que c’est une fausseté" (t. II, n° 8, 22 juill., p. 144; cf. t. II, n° 10, 24 juill., p. 159-161, un Avertissement du Rédacteur contre Saint-Aubin).

Historique

Le très grand nombre des collections conservées (voir Martin et Walter, le Catalogue collectif, VUnion list of sérials, etc.) atteste le succès du journal de Le Hodey. Une étude bibliographique s’imposerait pour en éclairer l’histoire, en repérer les réimpressions et contrefaçons.
Le titre même pose de délicats problèmes. Le journal a d’abord paru sous un titre sommaire: ETATS/ DEPUIS LE PREMIER JUIN/ jusqu'au six:/ 1789/ (lère livraison, parue probablement le 8 juin, d’après une indication à la fin; cette page de titre fait partie du cahier). Les livraisons ne portent le titre, sur le même modèle, qu’en haut de première page. ASSEMBLEE NATIONALE remplace ETATS à partir du n° 5, Du 17 juin au soir jusqu’au 21. Il arrive souvent que le numéro soit introduit par la seule mention Suite du... en haut de page. Le journal n’est longtemps connu que sous le titre Assemblée Nationale: c’est ainsi par exemple qu’il est cité dans le Nouvelliste universel jusqu’en octobre.
La page de titre du tome I, qui sert à désigner la collection, est donc tardive: elle ne peut précéder la publication de l’introduction intitulée Etats Généraux, qu’on trouve en tête de toutes les collections, et qui récupère la période du 27 avril au 30 mai pour ouvrir le journal sur l’"époque" primordiale (le rédacteur peut dire ainsi, dans le prospectus de décembre, que sa feuille "a pris naissance avec les Etats-Généraux"). La première annonce de cette introduction se trouve au tome I (n° 7, vers le 22 juin, p. 206); une seconde, qui semble promettre une sortie imminente, au t. II, n° 5, Suite du 16 [juillet], p. 70: "Par ce moyen, le recueil sera complet, et n’en deviendra que plus intéressant". C’est pourquoi le titre du t. II (BN 8° Lc2 135) reste encore ASSEMBLEE NATIONALE/ TOME 11/ 1789/. Dans certaines collections (BHVP 604.728) une autre page de titre, postérieure, redouble cette page de titre primitive: JOURNAL/ DES/ ETATS GENERAUX,/ Convoqués par Louis XVI,/ le 27 avril 1789;/ Ouvrage accueilli et très-intéressant où se trouvent toutes les Motions, Délibérations, Discours et Opérations de l’Assemblée, séance par séance. Rédigé par M. Le Hodey de Saultchevreuil (avec l’adresse de Devaux et Gattey). Ce dernier titre est celui du tome III de Lc2 135.
Nous avons conservé, pour identifier le journal, et ne pas créer de confusion, le titre commun d’après le tome I de Lc2 135, titre tardif et trompeur. L’histoire du journal, à cet égard, mériterait une enquête que nous esquissons à peine.
La numérotation du journal mérite également un commentaire. La première livraison ne porte aucune numérotation. La seconde, dans certains exemplaires, porte le chiffre II à gauche, en bas de la première page. Tous ceux que nous avons consultés sont chiffrés en arabe, à la même place, à partir des ETATS/ du 11 juin jusqu’au 14/: "3", etc. A partir du tome II, la mention s’étoffe: "Tome II, n° 2", etc. Un Avis aux souscripteurs attire sur ce point l’attention des lecteurs: "Chaque feuille a un n° au bas de la première page, pour servir d’indication" (t. III, n° 15, p. 228). Simple "indication": consacré à l’Assemblée Nationale, le journal réduit au maximum toutes les marques périodiques et journalistiques. La seule chronologie du journal est celle des séances.
Un autre phénomène, plus étonnant, affecte la présentation des numéros, à partir du tome II: d’un numéro à l’autre, distingués par la mention infra-paginale et par les limites du cahier in-8°, le texte est fréquemment continu avec une réclame à la fin du numéro (et du cahier) précédent (voir par exemple t. II, n° 1, fin: La suite ce soir; or le n° 2 ne porte aucun titre, et un discours, interrompu au milieu d’une phrase, se poursuit). C’est ainsi que le titre ASSEMBLEE NATIONALE n’apparaît parfois que de loin en loin, et irrégulièrement. Le journaliste n’adapte donc nullement son compte rendu aux limites de la livraison. Nouvelle preuve d’une inadaptation à la formule périodique, alors que la continuité des signatures et de la pagination est immédiate et que la tomaison apparaît très vite. Le "recueil" l’emporte sur le "journal", et Devaux peut proposer une "collection des toutes les séances, à partir du 27 avril" (Avis du rédacteur, t. III, p. 436, à la suite du n° 28, Suite du 12 sept.).
On peut suivre dans le tome VI du journal les étapes de la rupture du rédacteur avec le libraire Devaux. A partir du n° 12 (Suite de la séance du 27 novembre, p. 192), la mention de Devaux disparaît; le n° 16 (séance du lcr déc.) avertit que les souscripteurs qui renouvellent leur abonnement ailleurs que chez le rédacteur éprouveront des retards; enfin, le n° 20 (Suite du 5 déc.) annonce la rupture et avertit des risques de "contrefaction" (voir également n° 23, 8 déc.; n° 25, 10 déc.). Le n° 26 (Séance du 12 déc.) sort de "l’imprimerie du Rédacteur".

Cote(s)

BN 8° Lc2 135; BHVP 942.389.